Espace de parole et d’échanges,
pour accompagner les cheminements de vie,
…les cheminements de deuil.

Un espace pour soigner les plaies du deuil

Un espace pour soigner les plaies du deuil

Soutien Un lieu de partage et de dialogue verra le jour dans un mois à Villeneuve. Objectif: échanger autour de la Grande Faucheuse et soutenir ceux qui y sont confrontés au quotidien.

topelementAustères et compassés, les croque-morts? En un sourire, Aude Nicaty fait vaciller le cliché. Agente funéraire à Villeneuve, la pétillante jeune femme évoque ses deux métiers dans la même phrase, et avec la même flamme: «J’ai une passion pour la nature. Et une autre pour la nature humaine.»

Fleuriste de formation, la Villeneuvoise est donc aussi, depuis six ans, en lien direct avec les défunts du Haut-Lac et leurs familles. «Dans les pompes funèbres, on est pleinement dans la vie! Il faut compter en moyenne une heure pour la préparation d’un corps, afin de prendre soin de la personne qui est partie, sur le plan physique et spirituel aussi. Tout le reste du temps, je le passe avec les vivants.»

Au fil des nombreuses questions posées par les familles endeuillées et après avoir visité plusieurs hôpitaux et EMS, Aude Nicaty a eu l’idée d’un espace d’échange dédié au deuil. Un lieu où aborder les séquelles laissées par la Grande Faucheuse, mais aussi celles consécutives aux au­tres ruptures qui jalonnent l’existence, spontanément, librement et gratuitement.

«La mort reste un grand tabou dans notre société. On a, aujour­d’hui, beaucoup moins de possibilités de partager nos expériences courantes à ce sujet, avant d’avoir recours à un thérapeute ou à un médecin», explique la jeune femme.

Soirées d’échange

Si des temps de dialogue consacrés à la mort sont déjà ponctuellement mis sur pied dans le canton, celui qui se déroulera, dès le 7 janvier, dans le tea-room Durgnat, à Villeneuve, offrira un rythme régulier et ratissera large. Outre les soirées d’échange, mensuelles et ouvertes à tous, et diverses conférences, un soutien sera proposé à tous ceux qui côtoient la mort au quotidien: personnel soignant, pompiers, employés de pompes funèbres, etc.

«Des colloques sur ce sujet sont certes parfois organisés, mais les employés ont souvent peur d’y livrer leurs faiblesses, par crainte de la réaction de leur hiérarchie», constate Aude Nicaty. Pour faire connaître sa démarche, la Villeneuvoise a rédigé un fascicule tous ménages, distribué ces jours dans plus de 50 000 boîtes aux lettres entre Lutry et Bex. Et elle certifie que l’opération, financée en grande partie par son employeur, n’a rien de mercantile.

«Nous sommes tous des bénévoles, moi y compris. Je fais ça gratuitement, car cette approche, tout comme mon métier d’agent funéraire, me transporte complètement. Vous savez, on n’atterrit pas dans les pompes funèbres par hasard: c’est une profession missionnaire.»

Informations détaillées sur www.mortlavie.ch. (24 heures)